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Allocutions Présidentielles

Années : 2010, 2009, 2008, 2007, 2006, 2005, 2004, 2003, 2002, 2001, 2000, 1999, 1998, 1997

Allocution Presidentielle

de Philippe Ruszniewski


2007

le 21 mars 2007
lors des journées Francophones de Pathologie Digestive

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Chers Collègues, Chers Amis,

 

C’est avec beaucoup de plaisir, d’honneur et, pourquoi le cacher, d’émotion que j’accède à la présidence de la SNFGE et que je m’adresse à vous aujourd’hui. Piloter notre Société est une tâche difficile et exaltante ; avoir été choisi pour le faire par Etienne Dorval et son bureau est une preuve de confiance dont je les remercie très sincèrement.
Alors, bien sûr, surgit l’auto-interrogation : pourquoi moi ?
A défaut de réponse, permettez-moi de vous exprimer les sentiments que cette nomination m’a inspiré.
Mon profil est plus classique que celui de mes récents prédécesseurs, venus de la chirurgie digestive – Pl Fagniez – de la recherche fondamentale – Lionel Bueno -, de la gastroentérologie des centres hospitaliers généraux – Bernard Nalet. En cet instant, je pense à l’activité de Pancréatologie développée à l’hôpital Beaujon aux côtés de Pierre Bernades, qui m’a appelé auprès de lui, poursuivie désormais avec l’ensemble de mon équipe. Je pense aussi à mes deux autres « patrons », aujourd’hui amis, Serge Bonfils et Michel Mignon, aux qualités si complémentaires d’enseignants, de médecins et de mentors. Si je m’exprime ici aujourd’hui, c’est à eux tous que je le dois.
Représenter notre Société, c’est nécessairement se tourner vers l’extérieur. L’extérieur de nos frontières, bien sûr. Partager des connaissances avec ceux qui sont loin, enseigner et être enseigné par eux, faire rayonner la Gastroentérologie française à l’étranger : autant d’évidences pour moi, peut-être en raison de mes origines. De ce point de vue, les Journées Francophones sont une occasion exceptionnelle mais pas la seule. Je voudrais remercier tous nos amis étrangers pour leur fidélité. Deux pays sont cette année nos invités d’honneur : les Etats-Unis et le Mexique. Nos collègues algériens, marocains et tunisiens sont de plus en plus présents, et de plus en plus actifs, tout comme nos collègues d’Afrique Noire. Belgique et Suisse sont depuis toujours nos associés, et de plus en plus de collègues francophones originaires de plusieurs pays européens, Roumanie, Pologne en particulier – nous rejoignent. Je souhaite la bienvenue à tous à titre individuel, mais aussi aux Sociétés nationales ou internationales auxquelles ils appartiennent.

 

2007 ne marque pas seulement l’arrivée d’un nouveau président, ce qui serait banal, puisque son mandat n’est que d’une année… En 2007, l’ensemble du bureau est renouvelé, et c’est pour moi l’occasion de souligner la qualité de l’action et de l’engagement du précédent, emmené par son secrétaire général, Etienne Dorval.
Citons-les tous : Marc Barthet, Louis Buscail, Jean-Louis Dupas, Philippe Lévy, et les présidents successifs : Patrick Rampal, Jean Faivre, Pierre-Louis Fagniez, Lionel Bueno et Bernard Nalet. Il n’est que de lire l’impressionnant bilan de cette équipe, comme vous avez pu le faire dans un numéro récent de la lettre de la Société, pour comprendre les préoccupations de la nouvelle, tant la barre a été mise haut.

 

Une nouvelle équipe se met en place pour 5 ans. Elle est dirigée par le secrétaire général Guillaume Cadiot. Son pragmatisme, sa vision claire des situations et des difficultés, sa volonté de mouvement, sa convivialité sont ses atouts majeurs. Un autre atout réside dans l’équipe qu’il a mise en place à ses côtés : Pierre Michel pour la recherche, François Mion pour les relations internationales, Jean-Pierre Bronowicki pour la Formation Médicale continue, Philippe Godeberge pour l’Evaluation des Pratiques Professionnelles (EPP), Anne Courillon-Mallet aux finances, Bernard Nalet past-président, Laurent Palazzo à la vice-présidence.

Comme vous le constatez, une véritable révolution : pour la première fois en soixante ans, une femme intègre l’équipe de direction ! Deux membres de celle-ci sont issus du secteur libéral, à des postes-clefs : l’EPP est pour notre Société un enjeu majeur, et la vice-présidence, j’en sais quelque chose, est le plus sûr chemin vers la magistrature suprême.
Cher Laurent, je veux te dire la joie et la fierté que j’éprouve à savoir dès aujourd’hui que tu prendras place à cette tribune l’an prochain, tant tes spécificités et ton esprit d’ouverture apporteront – et apportent déjà – à la SNFGE.  

 

Tout cela dépasse de beaucoup le symbole. Ouvrir, s’ouvrir : voici les mots sous lesquels je place mon action à la tête de notre société. Ouvrir la SNFGE vers chacun d’entre vous ; vous convaincre qu’elle a besoin de votre soutien et de votre présence pour être encore plus forte et plus représentative de notre profession.

 

Adhérer n’est pas un but en soi. Il importe néanmoins que les conditions d’adhésion soient simples, voire simplifiées, principalement pour les membres associés. Le Conseil d’Administration vient de faire des propositions dans ce sens. Nos plus jeunes collègues doivent pouvoir devenir membres sans souci financier, et c’est pourquoi un tarif d’adhésion quasiment symbolique de 45 euros sera proposé dès 2008 aux internes et aux Chefs de Clinique incluant bien sûr l’abonnement à G.C.B.

 

Adhérer, pourquoi ? Bien sûr, pour bénéficier des actions de formation professionnelle que nous organisons. Des conditions préférentielles sont réservées aux membres, s’agissant de l’abonnement à GCB, de l’inscription au séminaire d’automne co-organisé avec la SFED, et de l’abonnement à la lettre de la SNFGE, complètement refondue. Toutefois, être membre de notre société signifie aussi dans mon esprit nous aider à mieux vous représenter et le cas échéant vous défendre. Avec d’autres – j’y reviendrai dans un instant – la SNFGE s’implique dans les négociations toujours difficiles avec les pouvoirs publics sur la nomenclature des actes de notre discipline, en endoscopie notamment. En mettant en chantier puis en publiant des conférences de consensus, des référentiels de pratique et des recommandations, elle fournit des outils de qualité incontestée tant pour la validation de notre FMC et de notre EPP, que pour défendre ses adhérents en cas de litige. La SNFGE sera d’autant plus forte et écoutée des pouvoirs publics qu’elle sera représentative de l’ensemble de la profession.
C’est dans un esprit de partenariat avec les autres sociétés et syndicats qui jouent un rôle important en hépatogastroentérologie que la SNFGE veut agir. J’ai déjà cité la coopération SNFGE-SFED pour l’organisation de ce qui est devenu le deuxième temps fort de l’année dans notre discipline, c’est-à-dire la fusion Vidéo-Digest – Séminaire de formation. Cet événement a en effet réuni en octobre dernier plus de 1200 participants. Surtout, je veux insister sur un événement majeur fondateur pour l’hépatogastroentérologie.

 

En 2007, la Fédération des spécialités des maladies de l’appareil digestif – FSMAD, un sigle à bien retenir – a vu le jour, regroupant les dix structures dont vous voyez les noms sur cette diapositive.


S’unir pour être plus efficace, plus crédible vis-à-vis des pouvoirs publics, de la commission de hiérarchisation des actes. Etre un interlocuteur incontournable. Réfléchir tous ensemble aux grands enjeux dans notre discipline : démographie, relations avec les médecins et les malades, cancérologie. Voilà quelques éléments du cahier des charges d’une jeune fédération, déjà très dynamique, sous la présidence de Bertrand Napoléon.                      

 

Pour s’ouvrir, la SNFGE a un besoin vital d’améliorer sa communication, tant interne qu’externe. Vous allez bientôt découvrir le nouveau visage de notre site Internet, plus convivial et plus pratique, sous la houlette de Franck Tusseau, notre maître de toile.

 

Ainsi, vous trouverez sur une page unique tous les référentiels existant en hépatogastroentérologie, classés par organe ou par pathologie. A cet égard, je voudrais tout particulièrement insister sur le Thésaurus National en Cancérologie Digestive, devenu la référence incontournable pour tous ceux qui s’intéressent à cette discipline, et dont la qualité a permis la labellisation par l’Institut National du Cancer. Actualisé en ligne, son évolutivité est garante de la conformité de la prise en charge de nos patients aux progrès validés des connaissances. J’aimerais aussi mentionner le dynamisme de Gastroliste, forum de discussion professionnelle structuré par organe, qui connaît un succès croissant et auquel je vous invite à vous abonner.

 

Communiquer vers l’extérieur de notre profession – grand public, pouvoirs publics notamment – est une tâche ardue, d’autant que l’image de notre discipline apparaît à tort moins porteuse que d’autres – maladies cardiovasculaires, par exemple. Le livre blanc publié sous la direction de Jacques Fournet et Daniel Dhumeaux a permis de combler une partie du retard. Le Conseil d’Administration va réfléchir aux actions à mener.

 

Je veux saluer ici une initiative de la SNFGE et de la SFED, avec le soutien des laboratoires AstraZeneca, visant à mieux faire connaître au grand public le reflux gastro-œsophagien, avec une campagne originale lancée ici aux Journées Francophones.
J’espère que d’autres campagnes suivront, avec des partenariats concernant par exemple la cancérologie digestive.

 

Je voudrais maintenant revenir vers l’ouverture internationale.

2007 est une année symbolique, puisque Paris accueille du 27 au 31 octobre prochain, le 16ème congrès européen de gastroentérologie ou UEGW. Depuis sa création à Athènes en 1992, ce n’est que la seconde fois que l’UEGW se tient à Paris. Il faut bien sûr que ce congrès soit un succès, et que la participation française y soit massive. En termes de nombre d’inscrits, en termes de résumés soumis et acceptés, en termes de conférences et de modérations par des experts français. Je voudrais souligner l’immensité des efforts faits par le bureau précédent et surtout Etienne Dorval et Philippe Lévy, pour que la France sorte de la situation inadmissible qui prévalait jusqu’alors, où nous comptions comme quantité quasi négligeable en Europe. Soutenus par l’industrie pharmaceutique, ils ont obtenu un fort accroissement de tous les paramètres que je viens de citer, au point que la France se situait en numéro 2 à l’UEGW de Berlin 2006.

 

Tout n’est pas réglé pour autant. Il faut nous investir davantage dans les organismes européens, participer aux « boards » internationaux, afin de ne plus trouver de réunions européennes où aucun expert français n’est convié à prendre la parole… Ici même, durant nos Journées Francophones, il faut continuer à nouer des liens avec nos collègues étrangers, toujours plus nombreux à assister à ce congrès. Le Conseil d’Administration propose de pérenniser les symposiums réalisés en partenariat avec l’AGA, comme cette année, en alternance avec l’UEGF, comme l’an dernier et l’an prochain.
Plusieurs autres chantiers d’importance vont mobiliser le Conseil d’Administration en 2007. Je voudrais en citer quelques-uns.

 

Moderniser et améliorer les Journées Francophones de Pathologie Digestive. Est-ce possible, demanderez-vous ? Le succès de cette manifestation est considérable, quantitativement – plus de 4000 participants en règle – et qualitativement, lorsque vous exprimez votre opinion sur ce que les JFPD vous ont apporté.

Il me semble que l’on peut rendre encore plus performante une équipe qui gagne. Evoluer vers une formule un peu plus ramassée, sur 4 jours, car le temps est de plus en plus difficile à trouver. Tout en conservant la dualité FMC/partie scientifique, il faut rendre cette barrière moins étanche, afin de permettre à chacun de profiter de tout, et de valider dans les meilleures conditions un maximum de crédits FMC. Des propositions viendront bientôt, applicables pour les Journées 2009.

 

Poursuivre notre investissement  dans l’élaboration de référentiels. Parmi les thèmes envisagés : lithiase biliaire, maladie de Crohn, hémorragie ulcéreuse, pancréatite chronique, et aussi une réactualisation des RPC sur Helicobacter pylori.
Amplifier aussi nos actions en cancérologie digestive, au moment où grâce aux efforts acharnés de plusieurs d’entre nous, emmenés par Jean Faivre, Jean-François Bretagne et Etienne Dorval, le dépistage national du cancer colorectal se met enfin en place.  L’Institut National du Cancer (L’INCA) vient de lancer une semaine du dépistage à destination du grand public, qui sera reconduite tous les ans à même époque. Certains documents relatifs à cette campagne sont dans vos sacoches de congrès.

 

Soutenir la recherche dans toutes les composantes de notre discipline de manière toujours plus efficace. Si le fonds de recherche jouit d’une belle santé, il n’en allait pas de même du Fonds d’Aide à l’Evaluation de la Qualité des Soins, peut-être moins lisible et plus déconcertant. Nous avons décidé de le faire évoluer vers un Fonds d’Aide aux travaux épidémiologiques et aux enquêtes de pratique, et je lance dès à présent un appel à projets émanant de tous ceux, libéraux ou hospitaliers, qui souhaitent s’investir dans ces domaines.


C’est ici le moment pour moi de rappeler que ces Fonds – n’oublions pas également les Bourses Robert Tournut et Etienne Lévy – sont financées par des dons de l’industrie pharmaceutique et sur les moyens propres de la SNFGE. Je voudrais saisir cette occasion de remercier très solennellement et très chaleureusement nos partenaires industriels. Nul n’ignore que les difficultés sont nombreuses, s’agissant du contexte économique poussant aux regroupements et aux licenciements dans ce secteur, mais aussi de la longue durée de vie des molécules impliquées dans certaines affections, notamment liées à l’acide. Inversement, certains secteurs sont très porteurs : cancérologie digestive avant tout, MICI, antiviraux en Hépatologie.
J’invite solennellement les firmes qui ne nous ont pas encore rejoints à le faire de façon résolue. La SNFGE vient de prendre des décisions pour que ce partenariat soit plus visible, mieux affiché.

Tout ceux qui étaient là hier le savent : nous célébrons cette année le 100ème anniversaire de notre spécialité, marquée par la parution en 1907 des Archives des Maladies de l’Appareil Digestif et de la Nutrition. C’est aussi le 30ème anniversaire de GCB et de ces Journées Francophones.
Que toutes ces occasions de réjouissance soient fêtées comme il se doit, sans que cela ne vous détourne des salles de ce magnifique centre de Congrès.


Je vous souhaite d’excellentes Journées Francophones mais aussi beaucoup de réussite dans votre exercice professionnel.
                                  
                                                                                             

                                                                                             

 


 

Philippe Ruszniewski

 

 

 

Mars 2007

Secrétariat de la SNFGE - Hôpital Robert Debré - Rue Serge Kochman - 51092 REIMS CEDEX France -
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