Date de publication : septembre 1999 |
Urgence : occlusion intestinaleQu'est ce qu'une occlusion intestinale aiguë ? Quelles sont les causes possibles d'une occlusion ? Quelles différences entre l'obstacle simple et l'étranglement ? Quelles sont les caractéristiques d'une occlusion du grêle par obstruction ? Quelles sont les caractéristiques d'une occlusion du grêle par strangulation ? Quelles sont les caractéristiques d'une occlusion du côlon par obstruction ? Quelles sont les caractéristiques d'une occlusion du côlon par strangulation ? Quelles sont les caractéristiques d'une occlusion par iléus paralytique ? Quels sont les principes du traitement d'une occlusion intestinale aiguë ? Quelles sont les principales complications aiguës de l'occlusion intestinale ? Dans quelles circonstances opérer en urgence une
l'occlusion intestinale aiguë ? Mise en garde : Certaines urgences digestives sont susceptibles de mettre rapidement en jeu la vie du patient.
Les informations proposées ici le sont à titre indicatif et ne doivent en aucun cas servir à l'auto-diagnostic ou à l'auto-médication. L'avis d'un médecin est le seul moyen d'assurer une prise en charge médicale correcte 8.2.1. Qu'est ce qu'une occlusion intestinale aiguë ?On appelle occlusion intestinale aiguë toute interruption du transit intestinal normal. Elle se traduit par un arrêt des matières et des gaz. Quel que soit son niveau, l'occlusion intestinale aiguë associe de façon variée des douleurs abdominales, des vomissements, un arrêt des gaz et des selles et un météorisme abdominal. 8.2.2. Quelles sont les causes possibles d'une occlusion ?La cause de l'occlusion peut être mécanique, par obstacle sur le grêle ou le côlon. Cet obstacle peut être pariétal (par exemple un cancer colique), intraluminal (par exemple un iléus biliaire) ou extraluminal (par exemple une bride postopératoire). La cause de l'occlusion peut être fonctionnelle, sans obstacle matérialisé. C'est l'iléus « paralytique ». Le péristaltisme intestinal s'arrête au contact d'un foyer infectieux (par exemple, une appendicite ou une péritonite) ou inflammatoire (par exemple, une pancréatite aiguë). La cause peut aussi être un épanchement de sang intrapéritonéal ou sous-péritonéal (par exemple, après une fracture du bassin) ou lors d'un épisode douloureux intrapéritonéal ou rétropéritonéal (par exemple, une colique hépatique ou une colique néphrétique). Une occlusion postopératoire peut compliquer toute intervention intrapéritonéale. Précoce, dans les premiers jours postopératoires, elle peut être due à une infection intrapéritonéale, un épanchement sanguin intrapéritonéal ou rétropéritonéal ou à des adhérences intestinales. Tardive, dans les mois ou les années qui suivent l'intervention, elle est essentiellement liée à des adhérences intestinales, à des brides intrapéritonéales. C'est la circonstance d'occlusion intestinale aiguë la plus fréquente. Après une intervention pour cancer digestif, il peut aussi s'agir du développement d'une carcinose péritonéale. 8.2.3. Quelles différences entre l'obstacle simple et l'étranglement ?En cas d'obstacle simple, l'intestin d'amont se remplit : - de liquides de sécrétions digestives non résorbées : salive, suc gastrique, bile, suc pancréatique et sécrétion intestinale ; - de gaz, essentiellement formés de l'air dégluti. Cette zone en stagnation constitue un troisième secteur et elle est le siège d'une pullulation microbienne. La conséquence de cette réplétion est une distension pariétale intestinale, d'où une gêne progressive aux circulations lymphatique, veineuse et artérielle. La distension maximale en cas d'occlusion colique avec une valvule de Bauhin étanche risque d'entraîner une perforation diastatique du côlon droit. Dans certains cas, l'occlusion est due à l'étranglement d'une anse par volvulus ou par incarcération de l'anse dans un orifice étroit. La vascularisation de l'anse est immédiatement entravée et l'anse risque de se nécroser, d'où l'urgence du diagnostic et de l'intervention. 8.2.4. Quelles sont les caractéristiques d'une occlusion du grêle par obstruction (figures 1>2>3)?Type : l'occlusion sur bride
Une scanographie peut être faite et montrer le niveau de changement de calibre entre la partie dilatée et la partie vide de l'intestin grêle. Cas particulier, l'iléus biliaire : C'est une occlusion due au passage dans l'intestin grêle, rarement dans le côlon, d'un volumineux calcul vésiculaire à travers une fistule cholécysto-duodénale ou cholécysto-colique. Survenant habituellement chez une femme âgée, cette occlusion évolue par poussées dues au déplacement du calcul. L'examen radiologique de l'abdomen sans préparation peut découvrir le calcul biliaire radio-opaque siégeant en dehors de l'aire de projection des voies biliaires. Le signe le plus caractéristique est la présence d'air dans les voies biliaires (aérobilie). 8.2.5. Quelles sont les caractéristiques d'une occlusion du grêle par strangulation ?Type : volvulus partiel du grêle autour d'une bride ou en amont
Autres exemples Hernie (crurale, inguinale, ombilicale) ou éventration étranglée : la hernie ou l'éventration se modifie, devient irréductible, non impulsive à la toux, douloureuse surtout au collet. La hernie peut ne pas être douloureuse, c'est pourquoi il faut toujours examiner les orifices herniaires chez un sujet atteint d'occlusion. 8.2.6. Quelles sont les caractéristiques d'une occlusion du côlon par obstruction (figures 4 >5 >6 >7)?Type : cancer du côlon gauche (figures 6 - 7)
Autre exemple : sigmoïdite diverticulaire (figure 8) 8.2.7. Quelles sont les caractéristiques d'une occlusion du côlon par strangulation ?Type : volvulus du côlon sigmoïde
8.2.8. Quelles sont les caractéristiques d'une occlusion par iléus paralytique ?Type : l'iléus généralisé
Cas particulier : le syndrome d'Ogilvie 8.2.9. Quels sont les principes du traitement d'une occlusion intestinale aiguë ?traitement médical L'hospitalisation est nécessaire. Le traitement comporte la pose d'une sonde gastrique d'aspiration, la correction des troubles hydro-électrolytiques et, éventuellement, des antibiotiques. Ce traitement peut suffire en cas d'iléus paralytique. traitement chirurgical S'il y a strangulation, il faut lever le garrot le plus vite possible et traiter l'anse en fonction de sa vitalité. S'il y a obstruction, il faut lever l'obstacle. Si ce geste est impossible (par exemple en cas de cancer colique inextirpable), on pratique une dérivation externe en amont de l'obstacle par colostomie ou iléostomie ou un court-circuit par entéro-anastomose. Dans tous les cas, il faut terminer l'intervention par la vidange rétrograde de l'intestin grêle vers la sonde d'aspiration. En cas d'iléus paralytique, l'indication varie en fonction de la cause. traitement instrumental Il est exceptionnellement indiqué. Il s'agit, par exemple, d'une intubation rectocolique en cas de volvulus du côlon sigmoïde, d'un lavement désinvaginant en cas d'invagination intestinale aiguë du nourrisson et de coloscopies itératives de décompression dans le syndrome d'Ogilvie pour éviter la perforation diastatique du côlon droit. 8.2.10. Quelles sont les principales complications aiguës de l'occlusion intestinale ?Les facteurs qui menacent la vie au cours d'une occlusion intestinale aiguë sont : le choc hypovolémique et ses conséquences, la perforation intestinale, les hémorragies digestives (stress ou syndrome de Mallory-Weiss) et les pneumopathies par inhalation de vomissements. Il existe de plus un risque local, celui de nécrose ou de perforation intestinale résultant d'ulcérations mécaniques (iléus biliaire) ou d'une ischémie pariétale, soit sur l'obstacle (bride, étranglement, volvulus) soit en amont de l'obstacle (perforation diastatique due à la distension gazeuse). 8.2.11. Dans quelles circonstances opérer en urgence une l'occlusion intestinale aiguë ?En cas de menace de nécrose d'une anse intestinale ou un diagnostic causal incertain. Réponses issues des objectifs nationaux rédigés par le Collège des enseignants d'hépato-gastroentérologie.
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