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2010
Journées Francophones d'Hépato-gastroentérologie et d'Oncologie Digestive
Jeudi 25 Mars 2010
FFCD - GERCOR - FNCLCC - SNFGE - SIAD
Cancer colorectal : chimiothérapie
Salle 242 AB
L’aire de graisse viscérale est un facteur prédictif indépendant après traitement par bevacizumab en 1ère ligne chez les patients porteurs d’un cancer colorectal métastatique
Guiu Boris
Conférence
Introduction

L'obésité est un facteur de risque de cancer colorectal. Le tissu adipeux secrète des facteurs pro-angiogéniques qui peuvent accélérer la croissance tumorale. La plupart des patients porteurs d'un cancer colorectal métastatique reçoivent une chimiothérapie associée à un anti-angiogénique (bévacizumab) en 1 ère ligne. Le but de cette étude était de déterminer si le BMI, l'aire de graisse sous-cutanée et l'aire de graisse viscérale avaient une influence sur la réponse et la survie des patients métastatiques traités par bevacizumab en 1 ère ligne.

Matériels et Méthodes

Entre 2003 et 2008, 120 patients porteurs d'un adénocarcinome colo-rectal métastatique prouvé histologiquement ont été traités en 1ère ligne au centre Georges-François Leclerc à Dijon. 80 patients ont reçu une association chimiothérapie et bevacizumab (groupe Bevacizumab) et 40 patients ont reçu une chimiothérapie seule (Groupe Chimiothérapie). Nous avons mesuré la graisse sous-cutanée et la graisse viscérale sur les scanners pré-thérapeutiques. Le BMI, l'aire de graisse sous-cutanée et de graisse viscérale ont été corrélés au taux de réponse à 2 mois, au temps jusqu'à progression (TTP) et à la survie globale (OS) des patients.

Résultats

Dans le groupe Bevacizumab : Le suivi médian était de 24 mois [3 - 70 mois]. Le BMI, la graisse sous-cutanée et la graisse viscérale étaient plus élevés chez les non répondeurs (p = 0.0022, p = 0023 et p = 00001 respectivement). Des valeurs de BMI, de graisse sous-cutanée ou de graisse viscérale supérieures à la médiane étaient significativement associées à l'absence de réponse à 2 mois. Le TTP était significativement plus faible chez les patients avec un BMI élevé (9 vs.12 mois, p = 0.01) ou un taux de graisse viscérale élevé (9 vs. 14 mois, p = 0.0008). Un taux de graisse viscérale élevé était associé à une OS plus faible (p = 0.0493). En analyse multivariée, un taux élevé de graisse viscérale était indépendamment associé avec la réponse à 2 mois, le TTP et l'OS (p = 0.008, p = 0.005 et p = 0.027 respectivement).
Dans le groupe Chimiothérapie : Le suivi médian était de 30 mois [4 - 84 mois]. Le BMI, la graisse sous-cutanée et la graisse viscérale n'étaient associés ni avec la réponse, ni le TTP ni l'OS.
Dans la population totale : L'interaction entre la graisse viscérale et l'administration de bevacizumab pour la réponse (p = 0.005) et le TTP (p = 0.022) confirment ainsi les résultats.

Conclusion

Cette étude est la 1 ère à démontrer que l'obésité viscérale est un facteur prédictif de mauvaise réponse et un facteur pronostique majeur chez les patients métastatiques traités en 1 ère ligne par bévacizumab. Ces résultats restent à confirmer dans une cohorte de validation.

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