La transferrine désialylée est plus fiable que les autres variables biologiques pour le diagnostic d'une consommation d'alcool et le suivi de patients présentant une alcoolo-dépendance sans cirrhose D. Mennecier, P. Arvers, D. Corberand, F. Harnois, C. Thiolet, O. Farret
Objectif La place de la transferrine désialylée (CDT) dans l'évaluation de la consommation d'alcool chez le patient alcoolo-dépendant sans cirrhose par rapport aux autres marqueurs n'est pas clairement établie, les populations étudiées étant souvent mal définies. Le but de cette étude prospective était de comparer la valeur diagnostique de la CDT en comparant sa sensibilité (Se) et sa spécificité (Sp) à celles de l'aspartate aminotransférase (ASAT), de l'alanine aminotransférase (ALAT), de la gamma-glutamyl transpeptidase (GT) et du volume globulaire moyen (VGM) chez des malades présentant une alcoolo dépendance suivi dans un service d'hépato-gastroentérologie.
Patients et Méthodes De janvier 2002 à novembre 2005, 130 malades ayant une alcoolo dépendance selon la classification DSM-IV et pris en charge dans le service ont été inclus dans cette étude. Les patients présentant une cirrhose étaient exclus. Lors de chaque consultation de suivi étaient réalisés un prélèvement sanguin et une évaluation par un alcoologue du niveau d'abstinence. Les malades étaient considérés comme non abstinents pour toute consommation d'alcool quelle que soit la quantité en g/j. Les prélèvements ont été analysés en utilisant les tests de comparaison de pourcentage, le coefficient de corrélation des rangs de Spearman et le test exact de Fisher.
Résultats Il s'agissait de 95 hommes et 25 femmes, d'âge moyen 47,2 1,0 ans. Au total 364 prélèvements ont été analysés. Au moment de ces prélèvements 208 patients étaient non abstinents avec une consommation d'alcool moyenne de 206,2 16 g/j. La Se et la Sp des différents marqueurs : CDT, ASAT, ALAT, GT et VGM ont été comparés et analysés de façon globale puis en fonction du sexe et de l'âge. La Se et la Sp de la CDT pour le diagnostic de la récidive de l'alcoolisation étaient significativement plus élevées que celle de l'ASAT (p < 10-6), de l'ALAT (p < 10-6), de la GT (p < 10-6) et du VGM (p < 10-6) de façon globale et quelque soit l'âge. Sauf chez la femme où il existait une différence non significative pour la Se entre CDT et le VGM et la GT. Il existait une corrélation positive (coefficient de corrélation des rangs de Spearman : 0,57) et significative (p < 10-6) entre la valeur de la CDT et la consommation d'alcool exprimée en g/j, quelque soient le sexe et l'âge.
Conclusion La différence significative de la Se et de la Sp de la CDT par rapport aux autres marqueurs biologiques et la relation linéaire entre les valeurs du CDT et la valeur en g/j de la consommation d'alcool font de la CDT un marqueur remarquable dans l'évaluation de la consommation d'alcool et le suivi des patients alcoolo-dépendants.
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