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Société Nationale Française de Gastro-Entérologie Envoyer à un ami Imprimer

Résumé selectionné

lundi 4 avril 2005
Communication Orale


Apport des tests immunologiques de recherche de sang dans les selles dans le dépistage du cancer colorectal.

G Launoy (1); H Bertrand (2); C Berchi (1); V Talbourdet (2); AV Guizard (2); V Bouvier (1); E Caces (3);

(1) Caen - FRANCE
(2) Cherbourg - FRANCE
(3) Tours - FRANCE


Mots clés :
62 Dépistage, Prévention, Diagnostic
68 Côlon, Rectum

Introduction

Le dépistage du cancer colorectal est une priorité de santé publique dans tous les pays industrialisés. Toutefois, la faible sensibilité du test de référence (test Hemoccult®) rend les décideurs et les praticiens réticents à sa pratique. Depuis quelques années, les tests immunologiques ont montré dans des études étrangères qu'ils avaient une meilleure sensibilité. Leur coût, désormais comparable à celui des tests au guaiac rend envisageable leur utilisation à grande échelle. Toutefois, pour qu'ils aient un intérêt en dépistage de masse, il est nécessaire que le gain en sensibilité se fasse en conservant une spécificité satisfaisante. Le but de cette étude est d'évaluer les performances d'un test immunologique à lecture automatisée (test Magstream 1000) en population générale et de rechercher le seuil de positivité permettant le meilleur équilibre sensibilité/spécificité.

 

Patients et Méthodes

L’étude a été conduite dans la population générale du nord du département de la Manche chez des sujets âgés de 50 à 74 ans. Entre le 1er janvier 2001 et le 31 décembre 2002, 7 421 tests Magstream ont été distribués par les médecins généralistes de la région. Des coloscopies ont été réalisées chez 366 des 434 personnes ayant eu un test de dépistage positif. Tous les cancers survenus entre le 1er janvier 2001 et le 31 décembre 2003 dans la population soumise au dépistage ont été enregistrés par les médecins participants et par le registre des cancers de la Manche.

 

Résultats

En utilisant le seuil de positivité usuel du test (20 ng d’hémoglobine/mL), le taux de positivité (TP) était de 5,8 %, la sensibilité (Se) et la spécificité (Sp) après 2 ans de suivi était respectivement de 85 % (72 %-98 %) et 94 % (94 %-95 %), la valeur prédictive positive (VPP) pour un cancer de 6 % et pour un gros adénome de 28 %. Si on avait choisi un seuil de positivité à 50 ng d’hémoglobine/mL, le TP aurait été de 3,1 %, la Se de 75 % et la Sp de 97 %, la VPP pour un cancer de 9 % et pour un gros adénome de 40 %.

 

Discussion

L’utilisation du seuil de positivité usuel du test Magstream permet d'obtenir un gain important en sensibilité (85 %) mais au prix d'un taux de positivité élevé (6 %) et d'une spécificité relativement basse (94 %). La lecture automatisée du test permet de rechercher le meilleur équilibre sensibilité/spécificité en faisant varier le seuil de positivité. Le choix d'un seuil de positivité supérieur (50 ng d'hémoglobine/mL) permet d'obtenir un taux de positivité et une spécificité compatibles avec un dépistage de masse, respectivement 3 % et 97 %, tout en conservant une sensibilité plus satisfaisante (75 %) que celle du test au guaiac de référence.

 

Conclusion

Nos résultats confirment la haute sensibilité des tests immunologiques. De plus, le procédé de lecture automatisée de Magstream permettant de moduler le seuil de positivité, cette technique rend compatible l'utilisation d'un test immunologique performant avec les exigences d'un dépistage de masse. Dans ces conditions, l'utilisation d'un test immunologique à lecture automatisée offre une alternative prometteuse aux insuffisances du test actuel et redonne une perspective à l'organisation du dépistage du cancer colorectal dans notre pays.

 

 

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