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Société Nationale Française de Gastro-Entérologie Envoyer à un ami Imprimer

Résumé selectionné

mercredi 7 avril 2004
Communication Orale


Le statut MSI peut-il être déterminé en routine par étude immunohistochimique des protéines de réparation de l'ADN ? Etude d'une base de population de 462 cancers colorectaux

C Chapusot(3) , L Martin(3) , P Laurent-Puig(1) , T Ponnelle(3) , AM Bouvier(2) , P Rat(2) , D Rageot(3) , J Faivre(2) , F Piard(3)

(1) INSERM U490 Toxicologie Moléculaire, Faculté de médecine, Paris
(2) INSERM EPI 0106, Faculté de Médecine, 7 Bd Jeanne d'Arc, Dijon
(3) Service d'Anatomie Pathologique CHU Dijon, INSERM EPI 0106, Dijon


Mots clés :
60 Biologie Moléculaire, Génétique
62 Dépistage, Prévention, Diagnostic
68 Côlon, Rectum


 Introduction

Plusieurs raisons poussent les cliniciens à rechercher le statut  MSI dans les cancers colorectaux : ce phénotype permet d'identifier les patients porteurs d'un syndrome HNPCC ; c'est un facteur pronostique et un facteur prédictif discuté de réponse à la chimiothérapie. L'étude immunohistochimique (IHC) des protéines de réparation de l'ADN connaît un essor car elle paraît offrir une alternative plus rapide et  moins coûteuse que le génotypage par PCR. Néanmoins aucune étude n' a estimé la faisabilité de cette technique à une grande échelle sur des prélèvements provenant de laboratoires différents. Le but de notre travail était d'évaluer, sur une base de population, les difficultés rencontrées en routine avec cette technique IHC et de déterminer si elle offrait une alternative fiable à la biologie moléculaire.

 

 

 Patients et Méthodes

Quatre cent soixante deux patients opérés d'un adénocarcinome colorectal en milieu hospitalier et privé dans tout le département entre 1998 et 2000 ont été inclus. L'instabilité du microsatellite BAT-26 a été recherchée par PCR au niveau de l'ADN tumoral extrait d'un fragment de tissu congelé pour 398 patients. L'expression de hMLH1, hMSH2 et hMSH6 a été évaluée par IHC sur un prélèvement fixé au formol et inclus en paraffine.

 

 

 Résultats

Dans 42 cas (10,5 %),  les résultats de l'IHC n'étaient pas interprétables, dans 9 cas (2,3 %) le marquage était focal et dans 36 cas (9 %) il existait une discordance entre les deux techniques. Considérant la PCR comme le gold standard, l'IHC a été refaite sur les mêmes blocs de ces 87 cas. A l'issue de la  seconde analyse, 7 cas restaient  non interprétables, 2 présentaient un marquage focal et 28 cas étaient toujours discordants (18 cas MSS IHC/ MSI PCR, 10 cas MSI IHC/ MSS PCR). Pour ces cas, une deuxième amplification de BAT-26 à partir de l'ADN extrait du bloc inclus en paraffine a été réalisée : 8 cas sont devenus concordants, témoins d'une hétérogénéité intra-tumorale ; pour 5 cas l'amplification n'a pu être réalisée ; 15 cas sont restés discordants.

 

 

 Discussion

Cette discordance est probablement multifactorielle mais s'explique en grande partie par les difficultés d'interprétation de l'immunohistochimie liées à une fixation inadéquate des tissus, à un stockage prolongé des blocs de paraffine et des lames blanches et à des procédures techniques variables selon les laboratoires. Les lames présentant un fort bruit de fond, un marquage de faible intensité, un témoin interne négatif doivent impérativement être rejetées. Un signal nucléaire diffus de moins de  25 %  des cellules tumorales n'est pas toujours synonyme de stabilité (2 %). 

 

 

 Conclusion

L'IHC des protéines de réparation doit être réalisée et interprétée dans des conditions standardisées par des pathologistes entraînés. Notre étude est la première à montrer que l'IHC n'est pas assez sensible pour être utilisée en routine. Elle ne peut actuellement se substituer à la PCR tant qu'une harmonisation et une optimisation des protocoles n'aura pas été réalisée.

 

 


 

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