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Analyse des motivations des médecins généralistes pour la promotion du dépistage organisé du cancer colorectal en France
C Berchi(1) , G Launoy(1) , JM Dupuis(2) Cancers et ?Populations, Equipe Soutenue par la Région et l'INSERM (ESPRI) (1) Faculté de Médecine, Avenue Côte de Nacre, Caen (2) Faculté de Sciences Economiques, Esplanade de la Paix, Caen Mots clés :
IntroductionEn France, la difficulté d'obtenir des taux de participation de la population satisfaisants constitue un obstacle majeur à l'organisation du dépistage de masse du cancer colorectal. Des études antérieures ont montré que le taux de participation de la population était étroitement dépendant de l'implication des médecins généralistes. L'objectif de ce travail était d'identifier les préférences des médecins généralistes concernant l'organisation d'un programme de dépistage du cancer colorectal afin d'en déduire les mécanismes incitatifs optimaux à la promotion de ce dépistage.
Matériels et MéthodesDes questionnaires ont été envoyés à 690 médecins généralistes de 11 départements français. Chaque questionnaire était constitué de paires de scénarios hypothétiques représentant différentes alternatives d'un programme de dépistage. Les médecins devaient choisir dans chaque paire le scénario qu'ils préféraient. Les scénarios différaient selon les valeurs de : l'efficacité du programme de dépistage, des proportions de résultats faux positifs et faux négatifs parmi les dépistés, du montant d'une rémunération spécifique pour la promotion du dépistage et de l'existence ou non d'une campagne d'information médiatisée du public. L'analyse statistique de ces données a été menée au moyen d'un modèle de régression qualitatif.
Résultats294 médecins ont répondu au questionnaire (42,6 %). Les facteurs influençant significativement la motivation des médecins à promouvoir le dépistage étaient par ordre d'importance : l'efficacité du programme, la sensibilité du test, la valeur prédictive positive du test, puis dans une moindre mesure le montant de la rémunération. L'existence d'une campagne d'information médiatisée, supposée faciliter le travail de remise de test par le médecin n'influençait pas significativement leur choix.
DiscussionNos résultats suggèrent que la mise en place d'une rémunération est plus importante sur le plan symbolique que quantitatif. En tout état de cause, elle n'apparaît pas comme le facteur clé de la motivation des médecins généralistes. Celle-ci est d'abord déterminée par le bénéfice potentiel apporté à la population dépendant en premier lieu des qualités du test de dépistage et en partie de sa sensibilité.
ConclusionL'amélioration de la sensibilité du test de dépistage permettrait d'augmenter l'efficacité du dépistage mais également la motivation des médecins généralistes à promouvoir le dépistage.
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