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Les inhibiteurs spécifiques de la cyclooxygénase de type 2, rofécoxib et célécoxib, protègent contre le cancer de l'osophage. Une étude cas-contrôle
M Bardou(1) , AN Barkun(2) , J Ghosn(3) , M Hudson(3) , E Rhame(4) (1) Unité de Pharmacologie Clinique, CHU, Dijon (2) Département de Gastroentérologie, Centre de santé de McGill, Montréal, Canada (3) Institut de Recherche, Hôpital Général, McGill, Montréal, Canada (4) Département d'Epidémiologie Clinique, Hôpital Général, McGill, Montréal, Canada Mots clés :
RationnelL'augmentation de l'incidence du cancer de l'osophage associée à son mauvais pronostic en fait un problème de santé important. Ceci justifie la recherche de traitements efficaces pour la chimioprévention du cancer de l'osophage. L'objectif de cette étude était d'évaluer la relation entre la prise d'inhibiteurs de la cyclooxygénase de type 2 (COX-2), rofécoxib et célécoxib (Coxib) ou d'un anti-inflammatoire non stéroïdien non sélectif (AINS) et la présence d'un cancer de l'osophage (adénocarcinome ou carcinome épidermoïde).
Matériels et MéthodesNous avons obtenu les données démographiques, médicales et pharmaceutiques des patients ≥ 65 ans ayant eu un examen diagnostique oesophagien (endoscopie ou transit oeso-gastro-duodenal) entre janvier 1999 et septembre 2002 à partir de la base de données de la Régie de l'Assurance Maladie du Québec (RAMQ). La date de l'examen était appelée la date index. Les patients ayant un examen diagnostique ou un cancer de l'osophage ou un cancer épidémiologiquement associé dans l'année précédente étaient exclus. Tous les patients avaient au moins 1 an de données pharmaceutiques et médicales (hospitalisations et consultations externes) avant la date index. Tous les patients ont été suivis pendant 90 jours après l'examen, temps nécessaire à la confirmation d'un diagnostic. Une régression logistique a été utilisée pour déterminer l'association entre un diagnostic de cancer oesophagien et au moins 30 jours d'exposition au rofécoxib, célécoxib, aux AINS et à l'aspirine comparativement à l'absence d'exposition à ces médicaments.
RésultatsUn total de 251 cas (patients atteints de cancer de l'osophage) et de 86 664 contrôles (patients ayant eu un examen de l'oesophage mais sans diagnostic de cancer oesophagien lors du suivi et sans diagnostic d'un cancer épidémiologiquement relié au cancer de l'oesophage) ont été inclus dans cette étude. Les patients les plus à risque de cancer de l'osophage étaient les hommes (OR : 3,42 ; IC 95 % : 2,62-4,48), et les patients les plus âgés (ceux des tranches d'âge 75-84 ans et ≥ 85 ans : 1,40 ; 1,08-1,82 et 1,69 ; 1,05-2,72 respectivement). L'exposition ≥ 30 jours à un Coxib ou à un AINS, mais pas à l'aspirine diminuait significativement ce risque (0,63, 0,40-0,98 ; 0,47, 0,24-0,93 et 0,91, 0,66-1,24 respectivement). L'étude séparée du rofécoxib et du célécoxib montrait une tendance pour une relation durée/réponse (célécoxib : 0,51, 0,27-0,98 ; 0,30, 0,11-0,82 ; 0,39, 0,14-1,05 ; rofécoxib : 0,39, 0,16-0,96 ; 0,37, 0,12-1,16 ; 0,33, 0,08-1,36 pour une exposition ≥ 30, ≥ 60 et ≥ 90 jours respectivement).
ConclusionLa prise d'inhibiteurs de la COX-2, rofécoxib et célécoxib, et des AINS semble être associée à une diminution de l'incidence du cancer de l'osophage.
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