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Société Nationale Française de Gastro-Entérologie Envoyer à un ami Imprimer

Résumé selectionné

lundi 5 avril 2004
Plénière


Dépistage du carcinome épidermoïde de l'osophage chez les patients à risque : étude prospective nationale

J Dubuc(10) , JA Seyrig(1) , JP Barbier(2) , T Barrioz(3) , R Laugier(4) , G Boulay(5) , D Grasset(6) , D Sautereau(7) , D Grigoresco(8) , J Butel(9) , JL Legoux(10) , T Ponchon(11) Société Française d'Endoscopie Digestive (S.F.E.D.)

(1) Service d'Hépato Gastroentérologie, Centre hospitalier, Pontivy
(2) Service d'Hépato Gastroentérologie, Hôpital Européren Georges Pompidou, Paris
(3) Service d'Hépato Gastroentérologie, CHU, Poitiers
(4) Service d'Hépato Gastroentérologie, CHU - Hôpital La Timone, Marseille
(5) Service d'Hépato Gastroentérologie, Hôpital Joseph Imbert, Arles
(6) Service de médecine interne et d'Hépato-Gastroentérologie, CHG, Montauban
(7) Service d'Hépato Gastroentérologie, CHU de Limoges, Limoges
(8) Service d'Hépato Gastroentérologie, CH du Dr Emile Roux, Le Puy En Velay
(9) Service d'Hépato Gastroentérologie, CHG, Abbeville
(10) Service d'Hépato Gastroentérologie, Groupe hospitalier Sud CHU de Bordeaux, Pessac
(11) Service d'Hépato Gastroentérologie, CHU - Hôpital Edourd Herriot, Lyon


Mots clés :
62 Dépistage, Prévention, Diagnostic
91 Diagnostique
95 Oesophage


 Introduction

La prévalence du carcinome épidermoïde de l'osophage chez les patients (pts) à haut risque et l'intérêt d'une endoscopie haute (EGD) avec coloration par lugol systématique pour améliorer sa détection précoce n'ont pas été évalués de façon prospective sur de grands effectifs de pts. Le but de cette étude prospective était de déterminer si et quand le risque était suffisant pour justifier une campagne de dépistage.

 

 Patients et Méthodes

Les critères d'inclusion étaient : absence de symptômes oesophagiens et carcinome épidermoïde de localisation ORL ou trachéo-bronchique ancien ou récent [groupe 1 (gr 1)], ou pancréatite chronique d'origine éthylique (gr 2), ou cirrhose d'origine éthylique (gr 3), ou alcoolo-tabagisme suivi par un Centre d'Hygiène Alimentaire (gr 4). Les pts ayant une contre-indication à la réalisation d'une EGD ou à la réalisation de biopsies (varices oesophagiennes, troubles majeurs de la coagulation) étaient exclus. Une EGD était effectuée selon les modalités suivantes : exploration soigneuse de l'osophage avant et après coloration par 20 ml de lugol à 2 % pulvérisé par l'intermédiaire d'un cathéter spray. La recherche et les biopsies des zones « lugol négatives » étaient faites 2 minutes après la coloration.

 

 

 Résultats

De septembre 2000 à juin 2003, 1 097 pts (944 hommes, âge moyen 54,3 ± 11 ans) ont été inclus dans 45 centres d'endoscopie digestive : 394 pts dans le groupe 1, 76 pts dans le groupe 2, 220 pts dans le groupe 3 et 407 pts dans le groupe 4. Les résultats après coloration sont les suivants :

 

 

gr 1

gr 2

gr 3

gr 4

Tous gr

Dysplasie bas grade (DBG)

10

0

10

2

22

Dysplasie haut grade (DHG)

7

0

0

3

10

Cancer

21

0

7

7

35

Avant coloration, ont été mis en évidence 29 carcers, 6 DHG, 3 DBG. Après coloration, ont été trouvés 6 cancers, 4 DHG et 19 DBG supplémentaires. Tous groupes confondus, les prévalences du cancer et de la DHG étaient respectivement de 3,2 % et 0,8 % versus 2,7 % et 0,5 % avant coloration. La coloration par lugol ne donnait un avantage statistiquement significatif que si l'on tenait compte de la découverte d'une dysplasie de bas grade ; le nombre de lésions découvertes était alors de 6,1 % versus 3,5 % (p < 0,001).

 

 Conclusion

Seul le groupe des patients avec antécédents de cancer ORL ou trachéobronchique présente un risque suffisant pour justifier la mise à l'étude d'une campagne de dépistage. Par ailleurs, la coloration de la muqueuse oesophagienne par lugol n'a pas permis d'augmenter significativement la sensibilité du dépistage des petits cancers de l'osophage, mais a permis de sélectionner une population à très haut risque probable, porteuse de dysplasies de bas grade.

 

 


 

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